31 juillet 2007
La vraie réalité de l'argent Suivi de Au bohneur des riches
L'argent est aujourd'hui essentiellement virtuel. Il a pour réalité une suite de 0 et de 1 dans les ordinateurs des banques. La majeure partie du commerce mondial a lieu sans monnaie-papier, et seulement 10% des transactions financières quotidiennes correspondent à des échanges économiques dans le "monde réel".
Les marchés financiers eux-mêmes constituent un système de création d'argent virtuel, de profit non-basé sur une création de richesses réelles. Grâce au jeu des marchés financiers (qui permet de transformer en bénéfices les oscillations des cours), les investisseurs avisés peuvent être déclarés plus riches, par une simple circulation d'électrons dans des ordinateurs. Cette création d'argent sans création de richesses économiques correspondantes est la définition même de la création artificielle de monnaie. Ce que la loi interdit aux faux-monnayeurs, et ce que l'orthodoxie économique libérale interdit aux états, est donc possible et légal pour un nombre restreint de bénéficiaires.
Si l'on veut comprendre ce qu'est réellement l'argent et ce à quoi il sert, il suffit d'inverser le vieil adage "le temps c'est de l'argent".
L'argent, c'est du temps
L'argent est ce qui permet d'acheter le temps des autres, le temps qui a été nécessaire à produire les produits ou les services que l'on consomme.
L'argent, le temps, et les esclaves
Techniquement, l'argent est une unité de calcul intermédiaire pour échanger du temps contre du temps, sans que le temps des uns et des autres puisse être comparé directement. Car chaque conversion entre l'argent et le temps se fait sur la base d'une estimation subjective, qui varie selon le rapport de force économique et informationnel entre l'acheteur et le vendeur.
Dans la pratique, ce rapport de force est toujours défavorable au consommateur-salarié.
Lorsqu'un individu moyen achète un produit, il paye le temps qui a été nécessaire pour fabriquer ce produit à un prix bien plus élevé que le salaire qui lui est payé pour une fraction équivalente de son propre temps.
Par exemple, chez les grands constructeurs automobiles, une voiture est produite en une journée de travail (soit en 8 heures) par 20 salariés (y compris le travail des commerciaux et le travail inclus dans les fournitures et les équipements de production utilisés). Le salaire journalier de chaque salarié devrait donc être égal à 1/20è du prix de la voiture, soit 1000 euros si la voiture vaut 20.000 euros. Ce qui fait un salaire mensuel théorique de 22.000 euros (sur la base de 22 jours travaillés par mois). Pour la plupart des salariés, on est très loin du compte.
Lorsqu'un salarié occidental donne 10 heures de son temps, il reçoit seulement l'équivalent d'une heure. Pour un salarié du Tiers Monde, le rapport tombe à 1000 heures contre une.
Ce système est la version moderne de l'esclavage
Les bénéficiaires du temps volé aux salariés sont les entreprises et leurs dirigeants (dont le salaire est plus de 100 fois celui d'un employé ordinaire), mais aussi les états dès lors que l'argent prélevé par les impôts et les taxes n'est pas utilisé dans le sens de l'intérêt général.
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Le palmarès des plus grosses fortunes de France
Le président du groupe de luxe LVMH Bernard Arnault a pris la tête du classement des 500 plus grosses fortunes françaises, détrônant la famille Bettencourt (L'Oréal) qui occupait la première place depuis plusieurs années, selon l'hebdomadaire Challenges.
Bernard Arnault, numéro 2 l'an dernier, décroche la médaille d'or en 2005 avec une fortune estimée à 14,342 milliards d'euros. Liliane Bettencourt, principale actionnaire du groupe de cosmétique, rétrograde à la deuxième place avec 11,669 milliards d'euros, "principalement en raison de la baisse du cours de l'action", selon Challenges à paraître jeudi. La famille Mulliez (groupe Auchan) reste troisième avec 10 milliards d'euros. La famille Pinault (groupe de distribution et de luxe PPR) perd de peu sa 4e place au profit de la famille Dassault (5,7 milliards d'euros contre 5,617 pour les Pinault).
Dans le top 10, les autres dynasties les plus fortunées sont les héritiers Hermès dont le patron Jean-Louis Dumas est à la 6e place (4,520 milliards d'euros), devant les Halley du groupe Carrefour (3,670 milliards d'euros), les Louis-Dreyfus du groupe éponyme (3,5 milliards d'euros), les Peugeot (3,354 milliards d'euros) et les Decaux (3,248 milliards d'euros).
La nouvelle présidente du Medef, Laurence Parisot, maintient avec sa famille sa fortune de 100 millions d'euros, mais passe de la 200e à la 233e place. La famille Wendel, à laquelle appartient son prédécesseur Ernest-Antoine Seillière, progresse en revanche de la 34e à la 21e place avec 1,181 milliards d'euros.
L'entrée la plus fracassante dans le classement des 500 est celle de Michel Ohayon, de l'immobilière Spiic, qui arrive à la 79e place avec 350 millions d'euros.
La plus forte progression de fortune revient à Charles Ruggieri de Batipart (maisons de retraites), avec + 740% en un an. Il entre à la 119e place du classement.
Gérard Leduc et Patrice Debrégeas, d'Ethypharm (pharmacie), ont fait la dégringolade la plus spectaculaire (-67%), passant du 144e au 415e rang avec 50 millions d'euros. L'homme de télévision Jean-Luc Delarue (Réservoir Prod) est sorti du classement après avoir divisé par deux sa fortune (30 millions d'euros en 2005 contre 65 en 2004).
Parmi les grands noms du capitalisme français, les frères Bouygues (Martin et Olivier) sont à la 15e place, l'homme d'affaires Vincent Bolloré 22e et Arnaud Lagardère 52e. Le premier des quatre Rothschild recensé, Benjamin, est 30e avec 1,1 milliards d'euros. Les familles David-Weill et Meyer (holding Eurazeo) sont, ensemble, à la 16e place avec 1,563 milliards d'euros. Jean-Michel Aulas, surtout connu comme patron du club de foot de l'Olympique Lyonnais mais aussi patron de Cegid (services informatiques), est 191e.
Jeudi, 07 Juillet 2005
Source : Challenges http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=1092
Au bonheur des riches, par Grégoire Biseau
Une étude de l’Ecole d’économie de Paris révèle l’envolée des revenus des Français les plus aisés depuis 1998.
Quotidien : vendredi 29 juin 2007
On subodorait que les riches se portaient plutôt bien. Même en France, pays que la droite aime caricaturer comme le dernier îlot d’Europe continentale qui incite nos belles fortunes à s’exiler. Grâce au travail de l’économiste Camille Landais (1) de l’Ecole d’économie de Paris, on sait désormais que les riches Français n’ont pas grand-chose à envier à leurs homologues anglo-saxons. Plus ils sont riches et plus ils s’enrichissent. Et dans des proportions inédites dans l’histoire sociale française.
Reprenant à son compte les sources fiscales déjà exploitées par l’économiste Thomas Piketty, mais cette fois sur une période récente (1998-2005), Landais s’est concentré sur l’évolution des revenus de la petite population française la plus fortunée (allant même jusqu’au 0,01 % des plus riches). Et que constate-t-il ? Un fort «accroissement des inégalités de revenus depuis huit ans». Ça n’a l’air de rien, mais c’est la première fois qu’un économiste peut établir un tel diagnostic, sachant que les travaux de l’Insee avaient jusqu’à présent conclu à une réduction des inégalités en France. Bref, un travail universitaire qui ne tombe pas très bien pour le gouvernement de François Fillon, juste au moment où il va devoir expliquer aux députés l’impérieuse nécessité de voter des cadeaux fiscaux pour une population qui s’est déjà considérablement enrichie.
Davantage d’inégalités
Les très, très riches Français (disons les 1 % les plus riches, soit un bataillon de 350 000 foyers) ont vu leurs revenus augmenter de 19 % entre 1998 et 2005. Et ce chiffre explose littéralement quand on monte encore plus haut dans la hiérarchie sociale : + 32 % pour les 0,1 % les plus riches (35 000 foyers), et carrément + 42,6 % pour le petit club des 0,01 % les plus fortunés (3 500 foyers). Il semble que les riches Français vivent sur une autre planète économique. Car, pendant la même période, le revenu moyen par foyer a connu lui une hausse modeste de 5,9 %, soit une croissance moyenne annuelle de 0,82 %. Soit moins que la croissance du PIB ou même du PIB par habitant.
Ce tableau remet partiellement en cause le diagnostic des inégalités françaises établi par l’Insee. Jusqu’à présent, l’institut national se contentait de mesurer l’écart entre les 10 % les plus riches avec les 10 % les plus pauvres. Et que constatait l’Insee ? Une réduction importante et constante du fossé depuis la fin des années 70. Sauf depuis le début des années 2000, où la réduction semble marquer le pas. «On ne sait pas encore si cela annonce une remontée des inégalités ou juste un palier», précise Pascal Chevalier, chef de la division revenu et patrimoine de l’Insee. L’institut a tout de même affiné ces mesures en comparant les 5 % les plus riches avec les 5 % les plus pauvres.
Et alors ? «On n’a rien trouvé de significatif qui prouverait une explosion des inégalités en France», poursuit Chevalier. Pour autant, l’économiste estime que les conclusions de Landais restent compatibles avec le diagnostic de l’Insee. «Simplement parce qu’on est jamais descendu dans un niveau aussi fin d’analyse chez les hauts revenus», explique l’économiste de l’Insee.
Salaires, revenus du capital. Tout augmente
Assez classiquement, plus on est riche, plus la part de son patrimoine placé en valeurs mobilières (actions et autres produits financiers) est importante. Pour les 3 500 des plus riches, la part du revenu du patrimoine peut ainsi représenter jusqu’à 40 % de leur revenu total. «L’évolution de la Bourse n’y est pour rien. Cela s’explique par le fait que les entreprises versent des dividendes de plus en plus importants à leurs actionnaires», assure Camille Landais. En sus, les très riches ont vu leurs salaires exploser sur la période : entre + 13,6 % et + 51 % pour le top du top de ces happy few.
Deux explications justifient ce feu d’artifice. D’abord, les modes de rémunération de cette population intègrent de plus en plus de zakouski du genre bonus de fin d’année, stock-options, actions gratuites et autres joyeusetés indexées sur le cours de Bourse. L’autre élément d’explication est sectoriel : le versement des primes faramineuses de fin d’année dans le secteur financier et bancaire a boosté la moyenne des plus riches.
«Avec cette hausse des salaires, on est en train de rompre avec trente années de stabilité dans la hiérarchie des salaires en France, estime Camille Landais. Notre modèle est en train de glisser vers le modèle anglo-saxon.»
Certes, on est loin des inégalités de revenus de la France des rentiers du début du siècle. Mais, si on regarde ce qui a pu se passer aux Etats-Unis, estime l’économiste, il faudrait peu de temps pour retrouver de tels écarts de revenus et de patrimoine. D’ailleurs, les mesures fiscales que veut faire voter début juillet le gouvernement ne devraient pas contrarier cette course en avant des plus riches contribuables français.
(1) http://www.jourdan.ens.fr/~clandais/
http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/264193.FR.php
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Les donations, un cadeau fiscal peu médiatisé, Par Tonino Serafini
L’abattement sur la transmission de patrimoine passe à 150 000 euros. Une aubaine pour les gros propriétaires. Quotidien : vendredi 29 juin 2007
Même dans les milieux de l’immobilier on doute de la pertinence du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts pour « faire de la France un pays de propriétaires», selon la promesse électorale du candidat Sarkozy. Compte tenu des niveaux atteints par les prix de l’immobilier, ce dispositif fiscal d’un montant de 750 euros maximum par an pour un célibataire et de 1 500 euros pour un couple ne semble pas susceptible de permettre aux ménages modestes d’accéder à la propriété.
Patrimoines. En revanche, une mesure figurant dans le paquet fiscal du gouvernement, mais moins médiatisée que le crédit d’impôt, va faciliter la transmission de patrimoine dans les familles ayant du bien. Dans le projet de loi, le montant de l’abattement sur les donations faites par les parents à leurs enfants est porté à 150 000 euros (contre 50 000 euros actuellement). Précision : chacun des parents pouvant donner, chaque enfant peut donc recevoir 300 000 euros franco d’impôt. Et il est possible de recommencer l’opération tous les six ans. En s’y prenant à cinq reprises, un enfant peut ainsi percevoir 1,5 million d’euros. Royal pour les gens bien nés.
«Dans les familles, la fortune est essentiellement concentrée entre les mains du troisième et quatrième âge, qui consomment peu et investissent peu. En revanche les jeunes ont plus de mal du fait des difficultés de l’époque», observe Me François Carré, responsable à la chambre des notaires de Paris. «Quand les anciens donnent un coup de main, c’est pour des choses sérieuses comme l’achat d’un logement», précise-t-il. Ce que confirme le promoteur Alain Dinin, de Nexity : «Les donations ont un impact direct sur la primo-accession.»
Depuis l’annonce du paquet fiscal, «les notaires sont assaillis de demandes de renseignements des familles qui veulent savoir comment elles peuvent donner», affirme Me Pierre Bazaille, notaire à Givors (Rhône). «Certains découvrent d’ailleurs qu’il est leur est déjà possible de donner 50 000 euros [le plafond actuel, ndlr]. Souvent c’est déjà supérieur à leurs possibilités.» Au vu de son expérience dans cette ville populaire de la banlieue lyonnaise, le notaire estime que les familles «apportent souvent de 20 000 à 30 000 euros, quand les enfants achètent un logement».
Selon les professionnels de l’immobilier et les notaires, les aides familiales se sont beaucoup accrues avec la flambée du prix de la pierre. «A Paris, la plupart des primo-accédants bénéficient d’un coup de pouce des parents ou des grands-parents», témoigne Me François Carré. Bernard Cadeau, président du réseau d’agences immobilières Orpi, observe que la proportion des jeunes (de 18 à 30 ans) est passée progressivement de 10,2 % à 31,7 % chez les accédants à la propriété au cours des cinq dernières années. «Le prêt à taux zéro a permis à beaucoup d’entre eux de franchir le pas. Mais il y a aussi le phénomène de l’aide familiale. Quand un jeune ménage n’arrive pas à boucler son budget pour acheter un logement, souvent les parents ou les grands-parents bouchent les trous», note-t-il.
Transfert. Ainsi une mesure ponctuelle, prise en 2004 par Nicolas Sarkozy alors qu’il était à Bercy, qui permettait aux parents et aux grands parents de donner jusqu’à 30 000 euros en numéraire à leur descendance s’est traduite par un transfert intergénérationnel évalué à 20 milliards d’euros. C’est dire l’impact qu’auront ces donations à 150 000 euros franco d’impôt. Une mesure sans effet pour la majorité de la population de l’Hexagone, issue de familles aux patrimoines modestes.
http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/264184.FR.php
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Jean-René Fourtou, un train de vie de folie, par Nicolas CORI
Stock-options par millions, Falcon à disposition. Le patron de Vivendi a pleinement su profiter de sa fonction. Quotidien : vendredi 29 juin 2007
Etre un riche patron, ce n’est pas si facile. Les salariés moyens ne s’en rendent pas compte. Quand, pour passer un week-end en amoureux, ils «empruntent» la voiture de fonction de leur entreprise, personne n’en fait toute une histoire. Mais si les PDG du CAC 40 s’amusent à faire la même chose avec leur véhicule de fonction, ils se retrouvent avec la police aux fesses. Une telle mésaventure arrive à Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi. Début mai, un petit actionnaire a porté plainte pour abus de biens sociaux contre le patron de la multinationale.
Représenté par Me Frédérik-Karel Canoy, il reproche à Fourtou d’avoir utilisé le jet du groupe pour partir en week-end. Ses preuves ? Une investigation de police menée dans le cadre d’une enquête préliminaire qui a - pour l’instant - été classée par le parquet. Le travail de la brigade financière, que nous avons pu consulter, permet de se glisser dans le quotidien de la vie d’un grand patron et de s’imaginer parcourant la planète dans un Falcon en compagnie de people, et d’une hôtesse servant champagne et petits fours.
«Bénévolement». Pour Fourtou, la vie dorée commence à 63 ans, à son arrivée à Vivendi, en juillet 2002. Ancien consultant chez Bossard, puis patron de Rhône-Poulenc et d’Aventis, il n’était pas vraiment dans le besoin. Mais à Vivendi on change de proportions. Appelé par son ami Claude Bébéar, le parrain du capitalisme français, pour redresser la barre d’un groupe plombé par les dérives financières de Jean-Marie Messier, l’ex-patron d’Aventis, qui est en semi-retraite, accepte le job. Officiellement, il déclare qu’il le fera même bénévolement. Mais pose en fait deux conditions : recevoir des stock-options à la pelle et pouvoir utiliser à sa guise le Falcon de la société. OK, dit Bébéar. Quelques mois plus tard, Fourtou reçoit ainsi un premier paquet d’un million de stocks, à un court très bas, en utilisant un plan de distribution mis en place par Messier. Les années suivantes, il continue à ce rythme - 1,5 million en 2003, 800 000 en 2004 -, expliquant lors des assemblées générales que c’est dans l’intérêt des actionnaires.
Pendant des mois, Fourtou va également partir à l’œil en week-end, notamment au Maroc où il dispose d’une résidence secondaire. Le plan de vol des Falcon, qui appartiennent à la société Aéro Services, filiale de Vivendi, retrace tout : les horaires, les frais engagés et les passagers. Exemple : le vendredi 12 juillet 2002 à 17 heures, Fourtou, accompagné de sa femme, Janelly, députée européenne UDF, prend place dans un Falcon 900 à destination de Marrakech. Monsieur repart tout seul le dimanche 14. Prix total : 23 368 euros. Le jeudi 1er mai 2003, monsieur et madame partent en Falcon 10 assister à Ostende, en Belgique, au trophée des Présidents, un tournoi de golf. Dans la foulée, ils font un saut le samedi à La Rochelle, et reviennent le lundi à Paris. Coût : 16 383 euros. Cette habitude va durer jusqu’en 2004. Fourtou utilise le Falcon pour ses relations publiques au sens large. Il voyage avec Caroline Pigozzi, une «amie» journaliste à Paris Match, spécialisée dans les questions religieuses. Cette dernière lui permet de rencontrer Jean Paul II au Vatican. L’occasion d’un nouveau voyage en Falcon vers Rome, où sont conviés des journalistes vedettes (Catherine Nay, PPDA, Alain Genestar).
Gourmand. Ces avantages en nature n’empêchent pas Fourtou de se montrer de plus en plus gourmand en matière salariale, oubliant au passage sa promesse de ne pas toucher d’émoluments. En 2003, son salaire est de 2,2 millions d’euros. Il passe à 3,4 millions en 2004 grâce à l’augmentation de son bonus. Le patron de Vivendi profite alors de cette manne pour créer avec sa femme une fondation. La Fondation Janelly et Jean-René Fourtou, placée sous l’égide de l’Institut de France, a pour objet notamment d’aider des projets artistiques ou humanitaires à Marrakech ou en France. Mais cet engagement ne lui fait pas oublier les affaires. La fondation achète pour 20 millions d’euros d’actions Vivendi en profitant d’une opération avantageuse lancée par le groupe.
En 2005, Fourtou décide de prendre du recul. Il quitte son poste de président du directoire pour celui de président du conseil de surveillance de Vivendi. Un choix qui n’a que des avantages. D’abord, cela lui permet d’exercer ses droits à la retraite chez Aventis : le groupe lui verse depuis une pension d’un million d’euros par an. Ensuite, il continue de toucher un salaire chez Vivendi : un million d’euros par an. Surtout, en restant présent dans le groupe, il continue à pouvoir exercer ses stock-options. Grâce à la remontée de l’action, cela commence à devenir intéressant. De 8 euros au plus bas, le titre vaut aujourd’hui autour de 31 euros. Du coup, le 18 juin, Fourtou a exercé pour 2,4 millions de stock, sans toutefois vendre les actions. Sa plus-value potentielle est impressionnante : 37 millions d’euros. Une somme qui devrait lui permettre d’acheter plusieurs Falcon.
Car, concernant l’utilisation des avions, le laxisme a malheureusement pris fin pour Fourtou. Alerté par la police, qui avait commencé son enquête début 2004, le conseil d’administration de Vivendi a examiné les pratiques de son patron. Et lui a demandé de rembourser ses déplacements personnels. Fourtou a ainsi dû faire un chèque de 147 577 euros. Une somme jugée insuffisante par les policiers. Mais Vivendi a fait un distinguo subtil entre voyages purement personnels et voyages «mixtes», comprenant des aspects professionnels. Les policiers n’ont pas dû comprendre que quand on est patron d’un grand groupe on travaille même quand on se repose.
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Superprivilégiés, par Fabrice Rousselot
Quotidien : vendredi 29 juin 2007
L’étude sur les hauts revenus que nous publions en exclusivité ne peut souffrir d’aucune contestation. Elle se base tout simplement sur les données fiscales fournies par l’administration française. Ses conclusions n’en sont donc que plus révélatrices. Pour ne citer qu’un chiffre, on retiendra qu’entre 1998 et 2005 les revenus de 0,01 % des plus riches en France ont augmenté de 42,6 % ! Rien de moins.
Certes, dans la France de Sarkozy certains pourraient n’avoir rien à redire au fait que chaque jour le club des Crésus pèse toujours un peu plus. On leur rétorquera tout d’abord qu’au gré des polémiques récentes sur les parachutes dorés des uns et des autres il convient de s’interroger sur l’origine de cette richesse.
Mais le plus gênant n’est pas là. Le travail de l’Ecole d’économie de Paris montre également qu’avec l’irrésistible envol des grosses fortunes c’est le fossé des inégalités qui se creuse aujourd’hui en France.
Phénomène nouveau et inquiétant. Sur les huit ans considérés, les revenus des classes moyennes ne décollent quasiment pas. Et l’on ose à peine parler des 3,6 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté dans notre beau pays - soit avec moins de 50 % du revenu médian. Dès lors, il convient de remettre sur le tapis la question du fameux paquet fiscal que veut imposer le Président.
Bouclier fiscal, droits de succession, impôt sur la fortune. La majorité des réformes envisagées par le gouvernement - lesquelles, selon l’Elysée, vont coûter la modique somme de 11 milliards d’euros - profite avant tout aux super privilégiés, ceux qui n’ont pas vraiment besoin de cadeaux. On est bien loin de «la France qui se lève tôt» ou de «la valeur travail», thèmes de campagnes si chers à Nicolas Sarkozy.
Désormais, c’est plutôt «la valeur pognon» qui semble être la plus communément partagée par l’ex-maire de Neuilly. Une ville qui, à ce jour et il faut bien le noter, est officiellement la plus riche de France, quand on considère la part de sa population assujettie à l’ISF.
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Seconde chance pour les parachutes dorés, par M. Gr.
Les députés UMP comptent amender l’article de loi qui prévoit leur encadrement.
Quotidien : vendredi 29 juin 2007
Et si finalement, le choc fiscal promis par Nicolas Sarkozy n’était pas aussi simple à mettre en place que prévu ? A partir du 10 juillet, les députés vont se pencher sur le texte, joliment baptisé en jargon Assemblée nationale, TEPA, pour : travail, emploi, pouvoir d’achat. Qui prévoit le renforcement du bouclier fiscal : bientôt l’impôt d’un contribuable ne pourra représenter plus de 50 % de ses revenus, contre 60 % aujourd’hui.
Cette mesure ne pose guère problème. Ce qui n’est pas le cas de l’article 7 du projet de loi, qui prévoit un encadrement des parachutes dorés. Dans la majorité, ça grince. Louis Giscard d’Estaing, député (UMP) du Puy-de-Dôme, en réunion de présentation de la nouvelle commission des Finances, présidée par le socialiste Didier Migaud, expliquait qu’un certain nombre d’amendements dits «techniques» seraient sans doute apportés à cet article. Les députés UMP ont d’ailleurs décidé de bannir de leur langage l’expression «parachute doré» pour «indemnité de départ».
Pourtant, pendant toute la campagne électorale, le candidat Sarkozy n’avait cessé de fustiger les patrons, tel Noël Forgeard, qui quittaient leurs entreprises - sur des échecs - avec plusieurs millions d’euros. «On va sans doute améliorer la formulation du texte, note un député UMP de la commission des Finances. Dans sa mouture actuelle, l’article 7 fait trop peser la responsabilité sur la personne des patrons eux-mêmes. Parfois, les entreprises ne marchent pas sans qu’il y ait eu besoin d’avoir des décisions industrielles ineptes.»
D’autres députés de la majorité, parmi les plus orthodoxes en matière budgétaire, souhaitent rajouter des articles à ce «paquet fiscal». «Pourquoi ne pas enfin plafonner les niches fiscales, estime un représentant du Nouveau Centre. Déjà, on baisse substantiellement l’ISF et on améliore le bouclier, pas besoin de garder ces dispositions en plus.» Car voilà le paradoxe de toute cette politique : d’une main, des cadeaux au plus riches (11 milliards en année pleine) ; de l’autre un déficit à juguler.
http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/264183.FR.php
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L’internationale des riches se porte bien
Les grandes fortunes financières mondiales ont vu le total de leurs actifs progresser de 11,4 % en 2006, selon une étude réalisée par la banque d’investissement Merrill Lynch et le cabinet de consultants Capgemini. Le total des actifs de ces «super-riches» devrait progresser de 6,8 % par an jusqu’en 2011 pour atteindre 51 600 milliards de dollars, selon le rapport. En 2006, les patrimoines financiers ont progressé à un rythme plus de deux fois plus rapide que la croissance de l’économie mondiale (5,4 %).
Source : Reuters
Vendredi 29 juin 2007
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Les stratégies & techniques employées pour la manipulation de l'opinion publique & de la société
Les stratégies et techniques employées pour la manipulation de l’opinion publique et de la société
Par Anonyme
|1| La stratégie de la diversion
Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. "Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux." (Extrait de "Armes silencieuses pour guerres tranquilles").
|2| Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée "problème-réaction-solution". On crée d’abord un problème, une "situation" prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
|3| La stratégie du dégradé
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en "dégradé", sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.
|4| La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme "douloureuse mais nécessaire", en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que "tout ira mieux demain" et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. Exemple récent : le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple : les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.
|5| S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Exemple typique : la campagne TV française pour le passage à l’Euro ("les jours euro"). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? "Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")
|6| Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements...
|7| Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. "La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures." (cf. "Armes silencieuses pour guerres tranquilles")
|8| Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver "cool" le fait d’être bête, vulgaire, et inculte...
|9| Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !...
|10| Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le "système" est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
Anonyme
Source : http://www.syti.net/Topics2.html
Refuser un emploi est-il refuser de travailler ?
La valeur travail semble bien être la valeur pilier de la plupart des discours et interviews politiques actuels. C’est sur ce pilier que nos hommes et femmes politiques tentent de construire leurs ambitions pour notre pays :
• Nicolas Sarkozy, TF1 le 14 janvier 2007 : « … que le travail ça vaut quelque chose… parce qu’on ne travaille pas assez, parce qu’il faut donner davantage de travail... je veux remettre le travail au cœur de la société, je veux que les gens se disent mais ça vaut le coup de se donner du mal puisqu’on en a la récompense… »
• François Bayrou, France Info, 18 janvier 2007 : «Nous devons mettre fin au découragement et au désespoir de ceux qui ne peuvent plus regarder leurs voisins parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi.»
• Olivier Besancenot : «L’emploi, le pouvoir d’achat, le logement, les services publics, les mesures frappant la jeunesse sont des questions brûlantes pour lesquelles nous avançons des propositions.» (Programme site internet de la LCR)
• Marie-Georges Buffet : «D’abord, éradiquer le chômage.» Premier des quatre chantiers détaillés sur le site internet du Parti communiste.
• Ségolène Royal a également expliqué qu'elle avait «commencé (sa) vie en n’ayant rien, donc c’est le fruit de mon travail», précisant que son patrimoine à l’issue de «30 années de vie professionnelle» est de «355.000 €» (Libération 17 janvier 2007).
La valeur travail est mise en avant partout et devient un thème principal de campagne électorale. On l’associe à l’argent reçu en récompense, comme fruit de son labeur. Quand le fruit de son travail est l’argent que l’on récolte, toute richesse est sensée être justifiée par son travail. Ainsi, nous prenons des formules clichés telles que «plus je travaille, plus je suis riche», «travailler plus pour gagner plus», pour des vérités qui servent à justifier la valeur travail mais surtout la valeur argent.
Quand on y rajoute la valeur "liberté", la notion de travail se transforme en "choix" : si je le veux bien, je travaille plus et ainsi je gagne plus d’argent ; si je ne le veux pas, je ne travaille pas et je ne gagne pas d’argent.
Sauf que le travail tel qu’il est conçu depuis quelques décennies implique l’existence d’un contrat de subordination entre le salarié et l’employeur. Cette liberté évoquée est la liberté que donne l’employeur au salarié de travailler, voire de travailler plus - lire Le salarié au sifflet -, sachant que cette liberté a un coût pour l’employeur.
Une liberté qui est liée à un paramètre de gestion est-elle une vraie liberté ? La liberté qui s’octroie à une personne par une autre personne, selon son bon vouloir, ne peut être qu’une aliénation. La seule liberté possible est celle que l’on s’octroie soi-même et que l’on confronte avec la liberté d’autrui.
Si l’on associe la notion de travail à sa valeur, toute personne qui a un emploi devient un "valeureux travailleur"… et s’il n’en a pas, dans une société qui a un taux de chômage relativement important, il peut, à défaut, être un "valeureux chercheur"… à la condition qu’il soit un «véritable» chercheur, c’est-à-dire un chercheur qui cherche réellement du travail. Il se différencie du chercheur qui ne cherche pas vraiment du travail, qui n’est pas un individu valeureux (nombre de personnes indemnisées par l’Assedic ont été radiées - sanctionnées ? - de l’allocation chômage parce qu’elles n’avaient pas une recherche d’emploi «convaincue» ! ).
Le "demandeur d’emploi" est bien devenu un "chercheur d’emploi ". Une demande implique une réponse à fournir car elle s’adresse à quelqu’un, de même qu'une recherche n’engage que le chercheur… Un chercheur a-t-il un devoir de trouver ? Ou toute recherche se suffit-elle à elle-même ? Devons-nous appliquer à toute recherche d’emploi la formule "qui cherche trouve" ?
Les critères de recherche d’emploi réelle et convaincue existent. Une recherche d’emploi réelle est, par exemple, définie par un ou des contrats intérimaires sur une période déterminée. Autrement dit, une personne qui cherche réellement un travail… trouve du travail.
Alors que chercher un travail pourrait se suffire à lui-même, paradoxalement, c’est bien avoir un travail qui se suffit maintenant à lui-même car c’est bien le but ultime (peu importent les conditions selon lesquelles il est effectué) de cette recherche d’emploi. Nous connaissons la formule "tout plutôt que le chômage".
Ainsi, celui qui cherche réellement un travail (qui est valeureux) et qui n’en trouve pas ne peut accepter ce fait qu’en le nommant malédiction, calamité, voire punition. Ainsi des milliers - des millions - de personnes se sont auto-jugées méprisables et inadaptées parce que subissant un grand malheur. Prêtes pour la condamnation et la mise à l’écart. Prêtes pour l’obéissance aux règles les plus absurdes de la société : prouver sa demande d’emploi, par exemple, alors que celle-ci n’est en fait qu’une offre de travail !
N’est-il pas nécessaire d’en finir avec cette réalité qui fait fuir la pensée ? Car penser "ceux qui travaillent sont valeureux et ceux qui ne travaillent pas ne sont pas valeureux" est le degré zéro de la pensée. Ou le degré suprême d’une idéologie qui se veut dominante.
Celui qui travaille (qui n’est pas au chômage) n’est pas plus "en faveur du travail" que celui qui ne travaille pas (qui est au chômage). Celui qui est au chômage n’est pas "contre" le travail, pas plus que celui qui n’est pas au chômage.
Au-delà des promesses électorales et des slogans de campagne présidentielle, questionner la valeur travail doit devenir une réalité réelle de notre collectivité, pour que des politiques éclairées puissent envisager des modes de fonctionnement progressistes.
Si la valeur travail est fondamentale, si le travail doit être «revalorisé», si l’être humain aujourd’hui respecte vraiment le travail, il doit alors refuser tout CDI ou tout autre contrat, sauf si celui-ci lui permet de gagner assez d’argent pour se loger, se nourrir, se chauffer, s’habiller et avoir une vie sociale. Gagner moins, en travaillant, que ce qu’il faut pour se loger c’est, de toute façon, vivre dans d’horribles souffrances.
Refuser un travail qui ne permet pas de vivre dignement, ce n’est pas être paresseux, amoral, associable, inadapté, exclus, non : refuser un travail aujourd’hui, si celui-ci ne vous permet pas de vivre en dessus du seuil de pauvreté, c’est être quelqu’un de digne et de respectable, au contraire.
La société déverse sur les épaules du chômeur tout le mal-être de son époque. La seule solution, pour que l’issue ne lui soit pas fatale, c’est que celui que l’on dit chômeur, donne une issue à ce mal-être. Qu’il soit créateur de sa vie, qu’il devienne artiste en fait.
Parce qu’il ressent dans tout son corps et son mental comme une calamité, parce qu’il a cette connaissance-là, tout chômeur aujourd’hui est déjà un artiste. A une seule condition : qu’il ne se sente pas coupable de ne pas avoir un travail… car il a aussi… un travail : celui de questionner la valeur travail.
Refuser un travail qui ne nous convient pas n’est pas refuser de travailler, c’est juste (re)trouver sa dignité. Quand le travail n’est plus que l’objet d’une quête qui exige l’abandon d’une partie de nos exigences (ce que nous estimons essentiel à notre bien-être) pour enfin "trouver le salut", ce n’est plus un travail que l’on est susceptible de trouver mais l’abdication de sa propre liberté. Quand la "liberté de travailler plus" n’est plus que la liberté de s’attacher à chercher, à toujours chercher plus, chercher mieux, au prix de notre autodépréciation, cette liberté-là n’est plus qu’une dépossession. Quand la seule espérance c’est de correspondre au bon profil, de quelle liberté parle-t-on ?
Refuser un travail qui ne nous convient pas, refuser un travail qui n’est pas essentiel à notre bien-être, ce n’est pas refuser de travailler, c’est aider la société à ne pas atteindre son point de non-retour, celui où l’individu s’autocontrôle inconsciemment et en permanence alors que le mot d’ordre des dirigeants est la LIBERTÉ.
Lamido
http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=PagEd&file=index&topic_id=14&page_id=243
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Pour le salarié, franchement, je ne vois pas. Autonomie, retour à l'emploi, dignité de l'utilité retrouvée, sortir de la merde, ne plus être assisté... franchement, ça ne sert à rien de tout cela. Mais d'un autre côté, le choix est de plus en plus retreint : c'est ça ou le RMI. De ce point de vue, le RMI est plus avantageux, puisque pour le même prix, il n'y a pas toutes les dépenses annexes : vêtements décents pour aller bosser, transports pour le trajet travail-domicile, garde des nains, restauration extérieure. Finalement, ce type de contrat, c'est presque le RMA : le RMI contre du travail!
Par contre, pour l'employeur, c'est tout bénef!
En imposant au salarié un contrat avec une base horaire au plancher, il s'offre le rêve patronal : un salarié au sifflet!
Avec un CDI à temps très partiel, le salarié a absolument besoin de travailler plus. Pour travailler plus comme le dit si bien le petit Nicolas, c'est en fonction des besoins de l'entreprise, pas de ceux du salarié. Lequel est appelé quand il y a du travail, des périodes d'affluence, des absences. Donc il y va. Et plus il y va, plus il ferme sa gueule et plus il accepte tout et n'importe quoi, plus il aura d'heures de travail complémentaires, jusqu'à arriver à une trentaine d'heures.
Donc pas assez pour le sortir de la pauvreté et de la précarité. Juste de quoi surnager encore un peu.
Ben oui, c'est ça la magie du CDI à temps ultra partiel : cela maintient les salariés dans la super précarité. Parce que le salaire minimum garanti à temps partiel a été calculé pour ne pas suffire. Il est même effectivement sous les minima sociaux, une fois les frais déduits. Pour que le salarié soit toujours en attente de quelques heures de plus. Au bon vouloir de sa hiérarchie. Selon sa bonne gueule. Et qui ne lui paie que juste les heures dont l'entreprise a besoin quelques soient les fluctuations d'activité.
C'est ça la flexibilité!!!
Alors, si en plus, le CDI à temps très partiel est aussi un CNE, vous imaginez la danse du slip pour l'employeur!
http://blog.monolecte.fr/post/2007/01/16/Le-salarie-au-sifflet


