31 juillet 2007

La vraie réalité de l'argent Suivi de Au bohneur des riches

Au_bohneur_des_richesL'argent est aujourd'hui essentiellement virtuel. Il a pour réalité une suite de 0 et de 1 dans les ordinateurs des banques. La majeure partie du commerce mondial a lieu sans monnaie-papier, et seulement 10% des transactions financières quotidiennes correspondent à des échanges économiques dans le "monde réel".

Les marchés financiers eux-mêmes constituent un système de création d'argent virtuel, de profit non-basé sur une création de richesses réelles. Grâce au jeu des marchés financiers (qui permet de transformer en bénéfices les oscillations des cours), les investisseurs avisés peuvent être déclarés plus riches, par une simple circulation d'électrons dans des ordinateurs. Cette création d'argent sans création de richesses économiques correspondantes est la définition même de la création artificielle de monnaie. Ce que la loi interdit aux faux-monnayeurs, et ce que l'orthodoxie économique libérale interdit aux états, est donc possible et légal pour un nombre restreint de bénéficiaires.

Si l'on veut comprendre ce qu'est réellement l'argent et ce à quoi il sert, il suffit d'inverser le vieil adage "le temps c'est de l'argent". 

L'argent, c'est du temps

L'argent est ce qui permet d'acheter le temps des autres, le temps qui a été nécessaire à produire les produits ou les services que l'on consomme.

L'argent, le temps, et les esclaves

Techniquement, l'argent est une unité de calcul intermédiaire pour échanger du temps contre du temps, sans que le temps des uns et des autres puisse être comparé directement. Car chaque conversion entre l'argent et le temps se fait sur la base d'une estimation subjective, qui varie selon le rapport de force économique et informationnel entre l'acheteur et le vendeur.

Dans la pratique, ce rapport de force est toujours défavorable au consommateur-salarié.

Lorsqu'un individu moyen achète un produit, il paye le temps qui a été nécessaire pour fabriquer ce produit à un prix bien plus élevé que le salaire qui lui est payé pour une fraction équivalente de son propre temps.

Par exemple, chez les grands constructeurs automobiles, une voiture est produite en une journée de travail (soit en 8 heures) par 20 salariés (y compris le travail des commerciaux et le travail inclus dans les fournitures et les équipements de production utilisés). Le salaire journalier de chaque salarié devrait donc être égal à 1/20è du prix de la voiture, soit 1000 euros si la voiture vaut 20.000 euros. Ce qui fait un salaire mensuel théorique de 22.000 euros (sur la base de 22 jours travaillés par mois). Pour la plupart des salariés, on est très loin du compte.

Lorsqu'un salarié occidental donne 10 heures de son temps, il reçoit seulement l'équivalent d'une heure. Pour un salarié du Tiers Monde, le rapport tombe à 1000 heures contre une.

Ce système est la version moderne de l'esclavage

Les bénéficiaires du temps volé aux salariés sont les entreprises et leurs dirigeants (dont le salaire est plus de 100 fois celui d'un employé ordinaire), mais aussi les états dès lors que l'argent prélevé par les impôts et les taxes n'est pas utilisé dans le sens de l'intérêt général.

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recession03Le palmarès des plus grosses fortunes de France


Le président du groupe de luxe LVMH Bernard Arnault a pris la tête du classement des 500 plus grosses fortunes françaises, détrônant la famille Bettencourt (L'Oréal) qui occupait la première place depuis plusieurs années, selon l'hebdomadaire Challenges.

Bernard Arnault, numéro 2 l'an dernier, décroche la médaille d'or en 2005 avec une fortune estimée à 14,342 milliards d'euros. Liliane Bettencourt, principale actionnaire du groupe de cosmétique, rétrograde à la deuxième place avec 11,669 milliards d'euros, "principalement en raison de la baisse du cours de l'action", selon Challenges à paraître jeudi. La famille Mulliez (groupe Auchan) reste troisième avec 10 milliards d'euros. La famille Pinault (groupe de distribution et de luxe PPR) perd de peu sa 4e place au profit de la famille Dassault (5,7 milliards d'euros contre 5,617 pour les Pinault).

Dans le top 10, les autres dynasties les plus fortunées sont les héritiers Hermès dont le patron Jean-Louis Dumas est à la 6e place (4,520 milliards d'euros), devant les Halley du groupe Carrefour (3,670 milliards d'euros), les Louis-Dreyfus du groupe éponyme (3,5 milliards d'euros), les Peugeot (3,354 milliards d'euros) et les Decaux (3,248 milliards d'euros).

medef_tueLa nouvelle présidente du Medef, Laurence Parisot, maintient avec sa famille sa fortune de 100 millions d'euros, mais passe de la 200e à la 233e place. La famille Wendel, à laquelle appartient son prédécesseur Ernest-Antoine Seillière, progresse en revanche de la 34e à la 21e place avec 1,181 milliards d'euros.

L'entrée la plus fracassante dans le classement des 500 est celle de Michel Ohayon, de l'immobilière Spiic, qui arrive à la 79e place avec 350 millions d'euros.
La plus forte progression de fortune revient à Charles Ruggieri de Batipart (maisons de retraites), avec + 740% en un an. Il entre à la 119e place du classement.


Gérard Leduc et Patrice Debrégeas, d'Ethypharm (pharmacie), ont fait la dégringolade la plus spectaculaire (-67%), passant du 144e au 415e rang avec 50 millions d'euros. L'homme de télévision Jean-Luc Delarue (Réservoir Prod) est sorti du classement après avoir divisé par deux sa fortune (30 millions d'euros en 2005 contre 65 en 2004).

Parmi les grands noms du capitalisme français, les frères Bouygues (Martin et Olivier) sont à la 15e place, l'homme d'affaires Vincent Bolloré 22e et Arnaud Lagardère 52e. Le premier des quatre Rothschild recensé, Benjamin, est 30e avec 1,1 milliards d'euros. Les familles David-Weill et Meyer (holding Eurazeo) sont, ensemble, à la 16e place avec 1,563 milliards d'euros. Jean-Michel Aulas, surtout connu comme patron du club de foot de l'Olympique Lyonnais mais aussi patron de Cegid (services informatiques), est 191e.


Jeudi, 07 Juillet 2005  

Source : Challenges  http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=1092

Au bonheur des riches, par Grégoire Biseau

Une étude de l’Ecole d’économie de Paris révèle l’envolée des revenus des Français les plus aisés depuis 1998.

Quotidien : vendredi 29 juin 2007

On subodorait que les riches se portaient plutôt bien. Même en France, pays que la droite aime caricaturer comme le dernier îlot d’Europe continentale qui incite nos belles fortunes à s’exiler. Grâce au travail de l’économiste Camille Landais (1) de l’Ecole d’économie de Paris, on sait désormais que les riches Français n’ont pas grand-chose à envier à leurs homologues anglo-saxons. Plus ils sont riches et plus ils s’enrichissent. Et dans des proportions inédites dans l’histoire sociale française.

Reprenant à son compte les sources fiscales déjà exploitées par l’économiste Thomas Piketty, mais cette fois sur une période récente (1998-2005), Landais s’est concentré sur l’évolution des revenus de la petite population française la plus fortunée (allant même jusqu’au 0,01 % des plus riches). Et que constate-t-il ? Un fort «accroissement des inégalités de revenus depuis huit ans». Ça n’a l’air de rien, mais c’est la première fois qu’un économiste peut établir un tel diagnostic, sachant que les travaux de l’Insee avaient jusqu’à présent conclu à une réduction des inégalités en France. Bref, un travail universitaire qui ne tombe pas très bien pour le gouvernement de François Fillon, juste au moment où il va devoir expliquer aux députés l’impérieuse nécessité de voter des cadeaux fiscaux pour une population qui s’est déjà considérablement enrichie.

Davantage d’inégalités

Les très, très riches Français (disons les 1 % les plus riches, soit un bataillon de 350 000 foyers) ont vu leurs revenus augmenter de 19 % entre 1998 et 2005. Et ce chiffre explose littéralement quand on monte encore plus haut dans la hiérarchie sociale : + 32 % pour les 0,1 % les plus riches (35 000 foyers), et carrément + 42,6 % pour le petit club des 0,01 % les plus fortunés (3 500 foyers). Il semble que les riches Français vivent sur une autre planète économique. Car, pendant la même période, le revenu moyen par foyer a connu lui une hausse modeste de 5,9 %, soit une croissance moyenne annuelle de 0,82 %. Soit moins que la croissance du PIB ou même du PIB par habitant.

Ce tableau remet partiellement en cause le diagnostic des inégalités françaises établi par l’Insee. Jusqu’à présent, l’institut national se contentait de mesurer l’écart entre les 10 % les plus riches avec les 10 % les plus pauvres. Et que constatait l’Insee ? Une réduction importante et constante du fossé depuis la fin des années 70. Sauf depuis le début des années 2000, où la réduction semble marquer le pas. «On ne sait pas encore si cela annonce une remontée des inégalités ou juste un palier», précise Pascal Chevalier, chef de la division revenu et patrimoine de l’Insee. L’institut a tout de même affiné ces mesures en comparant les 5 % les plus riches avec les 5 % les plus pauvres.

Et alors ? «On n’a rien trouvé de significatif qui prouverait une explosion des inégalités en France», poursuit Chevalier. Pour autant, l’économiste estime que les conclusions de Landais restent compatibles avec le diagnostic de l’Insee. «Simplement parce qu’on est jamais descendu dans un niveau aussi fin d’analyse chez les hauts revenus», explique l’économiste de l’Insee.

Salaires, revenus du capital. Tout augmente

Assez classiquement, plus on est riche, plus la part de son patrimoine placé en valeurs mobilières (actions et autres produits financiers) est importante. Pour les 3 500 des plus riches, la part du revenu du patrimoine peut ainsi représenter jusqu’à 40 % de leur revenu total. «L’évolution de la Bourse n’y est pour rien. Cela s’explique par le fait que les entreprises versent des dividendes de plus en plus importants à leurs actionnaires», assure Camille Landais. En sus, les très riches ont vu leurs salaires exploser sur la période : entre + 13,6 % et + 51 % pour le top du top de ces happy few.

Deux explications justifient ce feu d’artifice. D’abord, les modes de rémunération de cette population intègrent de plus en plus de zakouski du genre bonus de fin d’année, stock-options, actions gratuites et autres joyeusetés indexées sur le cours de Bourse. L’autre élément d’explication est sectoriel : le versement des primes faramineuses de fin d’année dans le secteur financier et bancaire a boosté la moyenne des plus riches.

«Avec cette hausse des salaires, on est en train de rompre avec trente années de stabilité dans la hiérarchie des salaires en France, estime Camille Landais. Notre modèle est en train de glisser vers le modèle anglo-saxon.»

Certes, on est loin des inégalités de revenus de la France des rentiers du début du siècle. Mais, si on regarde ce qui a pu se passer aux Etats-Unis, estime l’économiste, il faudrait peu de temps pour retrouver de tels écarts de revenus et de patrimoine. D’ailleurs, les mesures fiscales que veut faire voter début juillet le gouvernement ne devraient pas contrarier cette course en avant des plus riches contribuables français.

(1) http://www.jourdan.ens.fr/~clandais/

http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/264193.FR.php

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fiduciairesLes donations, un cadeau fiscal peu médiatisé, Par Tonino Serafini  

L’abattement sur la transmission de patrimoine passe à 150 000 euros. Une aubaine pour les gros propriétaires. Quotidien : vendredi 29 juin 2007

Même dans les milieux de l’immobilier on doute de la pertinence du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts pour « faire de la France un pays de propriétaires», selon la promesse électorale du candidat Sarkozy. Compte tenu des niveaux atteints par les prix de l’immobilier, ce dispositif fiscal d’un montant de 750 euros maximum par an pour un célibataire et de 1 500 euros pour un couple ne semble pas susceptible de permettre aux ménages modestes d’accéder à la propriété.

Patrimoines. En revanche, une mesure figurant dans le paquet fiscal du gouvernement, mais moins médiatisée que le crédit d’impôt, va faciliter la transmission de patrimoine dans les familles ayant du bien. Dans le projet de loi, le montant de l’abattement sur les donations faites par les parents à leurs enfants est porté à 150 000 euros (contre 50 000 euros actuellement). Précision : chacun des parents pouvant donner, chaque enfant peut donc recevoir 300 000 euros franco d’impôt. Et il est possible de recommencer l’opération tous les six ans. En s’y prenant à cinq reprises, un enfant peut ainsi percevoir 1,5 million d’euros. Royal pour les gens bien nés.

«Dans les familles, la fortune est essentiellement concentrée entre les mains du troisième et quatrième âge, qui consomment peu et investissent peu. En revanche les jeunes ont plus de mal du fait des difficultés de l’époque»,  observe Me François Carré, responsable à la chambre des notaires de Paris. «Quand les anciens donnent un coup de main, c’est pour des choses sérieuses comme l’achat d’un logement»,  précise-t-il. Ce que confirme le promoteur Alain Dinin, de Nexity : «Les donations ont un impact direct sur la primo-accession.»

Depuis l’annonce du paquet fiscal, «les notaires sont assaillis de demandes de renseignements des familles qui ­veulent savoir comment elles peuvent donner»,  affirme Me Pierre Bazaille, notaire à Givors (Rhône). «Certains découvrent d’ailleurs qu’il est leur est déjà possible de donner 50 000 euros [le plafond actuel, ndlr]. Souvent c’est déjà supérieur à leurs possibilités.»  Au vu de son expérience dans cette ville populaire de la banlieue lyonnaise, le notaire estime que les familles «apportent souvent de 20 000 à 30 000 euros, quand les enfants achètent un logement».

Selon les professionnels de l’immobilier et les notaires, les aides familiales se sont beaucoup accrues avec la flambée du prix de la pierre. «A Paris, la plupart des primo-accédants bénéficient d’un coup de pouce des parents ou des grands-parents», témoigne Me François Carré. Bernard Cadeau, président du réseau d’agences immobilières Orpi, observe que la proportion des jeunes (de 18 à 30 ans) est passée progressivement de 10,2 % à 31,7 % chez les accédants à la propriété au cours des cinq dernières années. «Le prêt à taux zéro a permis à beaucoup d’entre eux de franchir le pas. Mais il y a aussi le phénomène de l’aide familiale. Quand un jeune ménage n’arrive pas à boucler son budget pour acheter un logement, souvent les parents ou les grands-parents bouchent les trous», note-t-il.

Transfert. Ainsi une mesure ponctuelle, prise en 2004 par Nicolas Sarkozy alors qu’il était à Bercy, qui permettait aux parents et aux grands parents de donner jusqu’à 30 000 euros en numéraire à leur descendance s’est traduite par un transfert intergénérationnel évalué à 20 milliards d’euros. C’est dire l’impact qu’auront ces donations à 150 000 euros franco d’impôt. Une mesure sans effet pour la majorité de la population de l’Hexagone, issue de familles aux patrimoines modestes.

http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/264184.FR.php

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FALCON900HOMEJean-René Fourtou, un train de vie de folie, par Nicolas CORI  

Stock-options par millions, Falcon à disposition. Le patron de Vivendi a pleinement su profiter de sa fonction. Quotidien : vendredi 29 juin 2007

Etre un riche patron, ce n’est pas si facile. Les salariés moyens ne s’en rendent pas compte. Quand, pour passer un week-end en amoureux, ils «empruntent» la voiture de fonction de leur entreprise, personne n’en fait toute une histoire. Mais si les PDG du CAC 40 s’amusent à faire la même chose avec leur véhicule de fonction, ils se retrouvent avec la police aux fesses. Une telle mésaventure arrive à Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi. Début mai, un petit actionnaire a porté plainte pour abus de biens sociaux contre le patron de la multinationale.

Représenté par Me Frédérik-Karel Canoy, il reproche à Fourtou d’avoir utilisé le jet du groupe pour partir en week-end. Ses preuves ? Une investigation de police menée dans le cadre d’une enquête préliminaire qui a - pour l’instant - été classée par le parquet. Le travail de la brigade financière, que nous avons pu consulter, permet de se glisser dans le quotidien de la vie d’un grand patron et de s’imaginer parcourant la planète dans un Falcon en compagnie de people, et d’une hôtesse servant champagne et petits fours.

«Bénévolement». Pour Fourtou, la vie dorée commence à 63 ans, à son arrivée à Vivendi, en juillet 2002. Ancien consultant chez Bossard, puis patron de Rhône-Poulenc et d’Aventis, il n’était pas vraiment dans le besoin. Mais à Vivendi on change de proportions. Appelé par son ami Claude Bébéar, le parrain du capitalisme français, pour redresser la barre d’un groupe plombé par les dérives financières de Jean-Marie Messier, l’ex-patron d’Aventis, qui est en semi-retraite, accepte le job. Officiellement, il déclare qu’il le fera même bénévolement. Mais pose en fait deux conditions : recevoir des stock-options à la pelle et pouvoir utiliser à sa guise le Falcon de la société. OK, dit Bébéar. Quelques mois plus tard, Fourtou reçoit ainsi un premier paquet d’un million de stocks, à un court très bas, en utilisant un plan de distribution mis en place par Messier. Les années suivantes, il continue à ce rythme - 1,5 million en 2003, 800 000 en 2004 -, expliquant lors des assemblées générales que c’est dans l’intérêt des actionnaires.

Pendant des mois, Fourtou va également partir à l’œil en week-end, notamment au Maroc où il dispose d’une résidence secondaire. Le plan de vol des Falcon, qui appartiennent à la société Aéro Services, filiale de Vivendi, retrace tout : les horaires, les frais engagés et les passagers. Exemple : le vendredi 12 juillet 2002 à 17 heures, Fourtou, accompagné de sa femme, Janelly, députée européenne UDF, prend place dans un Falcon 900 à destination de Marrakech. Monsieur repart tout seul le dimanche 14. Prix total : 23 368 euros. Le jeudi 1er mai 2003, monsieur et madame partent en Falcon 10 assister à Ostende, en Belgique, au trophée des Présidents, un tournoi de golf. Dans la foulée, ils font un saut le samedi à La Rochelle, et reviennent le lundi à Paris. Coût : 16 383 euros. Cette habitude va durer jusqu’en 2004. Fourtou utilise le Falcon pour ses relations publiques au sens large. Il voyage avec Caroline Pigozzi, une «amie» journaliste à Paris Match, spécialisée dans les questions religieuses. Cette dernière lui permet de rencontrer Jean Paul II au Vatican. L’occasion d’un nouveau voyage en Falcon vers Rome, où sont conviés des journalistes vedettes (Catherine Nay, PPDA, Alain Genestar).

fiducieGourmand. Ces avantages en nature n’empêchent pas Fourtou de se montrer de plus en plus gourmand en matière salariale, oubliant au passage sa promesse de ne pas toucher d’émoluments. En 2003, son salaire est de 2,2 millions d’euros. Il passe à 3,4 millions en 2004 grâce à l’augmentation de son bonus. Le patron de Vivendi profite alors de cette manne pour créer avec sa femme une fondation. La Fondation Janelly et Jean-René Fourtou, placée sous l’égide de l’Institut de France, a pour objet notamment d’aider des projets artistiques ou humanitaires à Marrakech ou en France. Mais cet engagement ne lui fait pas oublier les affaires. La fondation achète pour 20 millions d’euros d’actions Vivendi en profitant d’une opération avantageuse lancée par le groupe.

En 2005, Fourtou décide de prendre du recul. Il quitte son poste de président du directoire pour celui de président du conseil de surveillance de Vivendi. Un choix qui n’a que des avantages. D’abord, cela lui permet d’exercer ses droits à la retraite chez Aventis : le groupe lui verse depuis une pension d’un million d’euros par an. Ensuite, il continue de toucher un salaire chez Vivendi : un million d’euros par an. Surtout, en restant présent dans le groupe, il continue à pouvoir exercer ses stock-options. Grâce à la remontée de l’action, cela commence à devenir intéressant. De 8 euros au plus bas, le titre vaut aujourd’hui autour de 31 euros. Du coup, le 18 juin, Fourtou a exercé pour 2,4 millions de stock, sans toutefois vendre les actions. Sa plus-value potentielle est impressionnante : 37 millions d’euros. Une somme qui devrait lui permettre d’acheter plusieurs Falcon.

Car, concernant l’utilisation des avions, le laxisme a malheureusement pris fin pour Fourtou. Alerté par la police, qui avait commencé son enquête début 2004, le conseil d’administration de Vivendi a examiné les pratiques de son patron. Et lui a demandé de rembourser ses déplacements personnels. Fourtou a ainsi dû faire un chèque de 147 577 euros. Une somme jugée insuffisante par les policiers. Mais Vivendi a fait un distinguo subtil entre voyages purement personnels et voyages «mixtes», comprenant des aspects professionnels. Les policiers n’ont pas dû comprendre que quand on est patron d’un grand groupe on travaille même quand on se repose.

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Carte_BleueSuperprivilégiés, par Fabrice Rousselot 

Quotidien : vendredi 29 juin 2007

L’étude sur les hauts revenus que nous publions en exclusivité ne peut souffrir d’aucune contestation. Elle se base tout simplement sur les données fiscales fournies par l’administration française. Ses conclusions n’en sont donc que plus révélatrices. Pour ne citer qu’un chiffre, on retiendra qu’entre 1998 et 2005 les revenus de 0,01 % des plus riches en France ont augmenté de 42,6 % ! Rien de moins. 

Certes, dans la France de Sarkozy certains pourraient n’avoir rien à redire au fait que chaque jour le club des Crésus pèse toujours un peu plus. On leur rétorquera tout d’abord qu’au gré des polémiques récentes sur les parachutes dorés des uns et des autres il convient de s’interroger sur l’origine de cette richesse.

Mais le plus gênant n’est pas là. Le travail de l’Ecole d’économie de Paris montre également qu’avec l’irrésistible envol des grosses fortunes c’est le fossé des inégalités qui se creuse aujourd’hui en France.

Phénomène nouveau et inquiétant. Sur les huit ans considérés, les revenus des classes moyennes ne décollent quasiment pas. Et l’on ose à peine parler des 3,6 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté dans notre beau pays - soit avec moins de 50 % du revenu médian. Dès lors, il convient de remettre sur le tapis la question du fameux paquet fiscal que veut imposer le Président.

Bouclier fiscal, droits de succession, impôt sur la fortune. La majorité des réformes envisagées par le gouvernement - lesquelles, selon l’Elysée, vont coûter la modique somme de 11 milliards d’euros - profite avant tout aux super privilégiés, ceux qui n’ont pas vraiment besoin de cadeaux. On est bien loin de «la France qui se lève tôt» ou de «la valeur travail», thèmes de campagnes si chers à Nicolas Sarkozy.

Désormais, c’est plutôt «la valeur pognon» qui semble être la plus communément partagée par l’ex-maire de Neuilly. Une ville qui, à ce jour et il faut bien le noter, est officiellement la plus riche de France, quand on considère la part de sa population assujettie à l’ISF.

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MarianneParachute_en_orSeconde chance pour les parachutes dorés, par M. Gr.

Les députés UMP comptent amender l’article de loi qui prévoit leur encadrement.

Quotidien : vendredi 29 juin 2007

Et si finalement, le choc fiscal promis par Nicolas Sarkozy n’était pas aussi simple à mettre en place que prévu ? A partir du 10 juillet, les députés vont se pencher sur le texte, joliment baptisé en jargon Assemblée nationale, TEPA, pour : travail, emploi, pouvoir d’achat. Qui prévoit le renforcement du bouclier fiscal : bientôt l’impôt d’un contribuable ne pourra représenter plus de 50 % de ses revenus, contre 60 % aujourd’hui.

Cette mesure ne pose guère problème. Ce qui n’est pas le cas de l’article 7 du projet de loi, qui prévoit un encadrement des parachutes dorés. Dans la majorité, ça grince. Louis Giscard d’Estaing, député (UMP) du Puy-de-Dôme, en réunion de présentation de la nouvelle commission des Finances, présidée par le socialiste Didier Migaud, expliquait qu’un certain nombre d’amendements dits «techniques» seraient sans doute apportés à cet article. Les députés UMP ont d’ailleurs décidé de bannir de leur langage l’expression «parachute doré» pour «indemnité de départ».

Pourtant, pendant toute la campagne électorale, le candidat Sarkozy n’avait cessé de fustiger les patrons, tel Noël Forgeard, qui quittaient leurs entreprises - sur des échecs - avec plusieurs millions d’euros. «On va sans doute améliorer la formulation du texte, note un député UMP de la commission des Finances. Dans sa mouture actuelle, l’article 7 fait trop peser la responsabilité sur la personne des patrons eux-mêmes. Parfois, les entreprises ne marchent pas sans qu’il y ait eu besoin d’avoir des décisions industrielles ineptes.»

D’autres députés de la majorité, parmi les plus orthodoxes en matière budgétaire, souhaitent rajouter des articles à ce «paquet fiscal». «Pourquoi ne pas enfin plafonner les niches fiscales, estime un représentant du Nouveau Centre. Déjà, on baisse substantiellement l’ISF et on améliore le bouclier, pas besoin de garder ces dispositions en plus.»  Car voilà le paradoxe de toute cette politique : d’une main, des cadeaux au plus riches (11 milliards en année pleine) ; de l’autre un déficit à juguler. 

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multitaskingL’internationale des riches se porte bien 

Les grandes fortunes financières mondiales ont vu le total de leurs actifs progresser de 11,4 % en 2006, selon une étude réalisée par la banque d’investissement Merrill Lynch et le cabinet de consultants Capgemini. Le total des actifs de ces «super-riches» devrait progresser de 6,8 % par an jusqu’en 2011 pour atteindre 51 600 milliards de dollars, selon le rapport. En 2006, les patrimoines financiers ont progressé à un rythme plus de deux fois plus rapide que la croissance de l’économie mondiale (5,4 %).

Source : Reuters

Vendredi 29 juin 2007

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